Le livre, confiné ?

Lu dans Télérama n° 3745 du 20/10/21sous le titre “Lecteurs, vos papiers!” sous la signature de Julia Vergely:

Il flotte comme un parfum d’incohérence dans la politique culturelle menée auprès des bibliothèques publiques. On ne cesse de louer et de renforcer leur mission – le 6 octobre, l’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité une proposition de loi consacrant la liberté et la gratuité d’accès à ces lieux de culture, refuges contre l’illettrisme. La lecture a même été décrétée grande cause nationale par Emmanuel Macron, qui mise justement sur l’action de ces bibliothèques. Mais alors pourquoi ces dernières, valorisées de toute part, ont-elles fait massivement grève deux fois depuis le début du mois? A cause du passe sanitaire dont on leur impose désormais le contrôle, et qui a été étendu aux adolescents de 12 à 17 ans. Une mesure jugée discriminatoire par les personnels qui refusent d’exclure les jeunes et les précaires, population moins vaccinée. Et qui constatent une baisse de près d’un tiers de la fréquentation en un mois …

Incohérence encore, puisque certains établissements, comme la BNFà Paris et les bibliothèques universitaires, ont été exemptées de passe, au motif qu’elles sont des espaces de travail pour les chercheurs [note du rédacteur: donc les chercheurs sont une catégorie professionnelle exemptée du passe ?].

Mais quid des bibliothèques municipales, qui accueillent des usagers dépourvus d’ordinateurs et viennent consulter les offres d’emploi ou prendre des rendez-vous médicaux? Incohérence, enfin, puisque les bibliothèques avaient été décrétées “lieux essentiels” depuis le début de la crise, et n’ont jamais fermé depuis mai 2020, enchainant les protocoles sanitaires pour assurer la continuité du service public. Sont-elles subitement devenues dangereuses?

A croire qu’emprunter un livre serait plus risqué que d’aller en acheter un dans un centre commercial !

Texte proposé par Eduardo