De la vertueuse nécessité de la contestation

Dans quelques semaines, citoyens-en-marche.info n’émettra plus. Il en est ainsi des êtres, des arbres et des organismes. citoyens-en-marche.info s’est fait le porte-voix d’un groupe de citoyens animés du désir de faire entendre une vision différente de l’édification du vivre ensemble. D’une manière raisonnée, raisonnable et réaliste. Maintes et maintes fois ils se sont plaints d’être écouté, d’une écoute polie, mais ni entendus, ni compris. Maintes fois ils se sont réjouis que les propositions saugrenues d’une époque devenaient réalistes, et réalisables plusieurs mois plus tard. Les propositions revenaient du centre d’incubation comme ces vêtements arrivent du Bangladesh pour être étiquetés d’une grande marque de diffusion européenne. Le label est pour celui qui a le pouvoir.

“Il y a plus de lumières et de sagesse dans beaucoup d’hommes réunis que dans un seul” écrivait Tocqueville au XIXème siècle. C’est encore plus vrai lorsque ces hommes, et ces femmes, ont une approche différente des voies à poursuivre pour atteindre le lieu indiqué. C’est au cœur de ces débats que commence la contestation pour conclure par l’élaboration qui n’en sera que meilleure parce que, justement, débattue. Si le débat conduit à des antagonismes, ils ne doivent être que des antagonismes d’idées. La construction d’un projet ne doit être conduit que par l’ambition de servir la communauté. Et pour connaître le souhait de la communauté, encore faut-il aller à sa rencontre, la questionner, l’écouter. A défaut de cela, on se risque à de la contestation musclée, comme lors de cette jacquerie du XXIème siècle, les Gilets Jaunes, ou alors à cet étrange virus qui fait se vider les urnes électorales et contre lequel personne n’a encore trouvé de vaccin approprié.

Alors, pour éviter d’en venir à l’un ou l’autre de ces excès, mieux vaut admettre la vertueuse nécessité de la contestation lors de débats qui n’ont pas pour objet d’effaroucher les tenants de l’opinion dominante, mais de construire le monde de demain. Hélas, lorsque l’opinion dominante est seule sur la place, lorsqu’elle ne voit qu’une seule direction, lorsqu’elle oublie de questionner l’environnement, alors la contestation se fait discrète, étouffée, sous le manteau. Elle fait monter une rage intérieure contenue. Alors, on le voit tous les jours, le mécontentement gronde et vient battre le bitume des villes, et celui des campagnes. Suite logique, nous retombons dans les deux excès précédemment cités dont chacun estimera s’il en est un plus ravageur que l’autre.

Daniel BRUN